Blandine Pellat - Chasseur de têtes, consultante en recrutement juridique et fiscal

"La clef, selon moi, est de savoir rester soi-même" - Blandine Pellat #DroptheMick.

L'équipe Mick.
June 23, 2022
#dropthemick

Aujourd'hui, nous avons l'opportunité de découvrir le parcours (mais aussi de bénéficier des conseils) de Blandine Pellat, chasseur de têtes et consultante en recrutement juridique et fiscal.

Ancienne avocate au Barreau de Paris puis juriste spécialisée en droit des affaires, Blandine Pellat décide de raccrocher la robe et d'exercer le métier de chasseur de tête en 2014. 

Prêts à découvrir le portrait de Blandine, son parcours et ses conseils pour se démarquer lors d'un entretien ? 

🤓 #DroptheMick. !

Bonjour Blandine ! Pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre parcours ? 

Je m’appelle Blandine Pellat, j’ai 39 ans et je suis chasseur de têtes, spécialisée dans le recrutement de fonctions juridiques et fiscales depuis un peu plus de 7 ans. 

J’ai d’abord exercé en tant qu’Avocat et juriste pendant 8 ans. J’avais fait mes études de droit dans l’objectif de devenir avocat et je me suis rapidement spécialisée en droit des affaires, droit des sociétés, droit boursier, M&A. Quand j’ai passé le barreau, ma motivation à devenir avocat était paradoxalement beaucoup moins évidente mais je me suis laissée porter par la formation à l’EFB et les attraits des cabinets anglo-saxons.

J’ai exercé dans un gros cabinet américain et dans un petit cabinet français, et j’ai été juriste en entreprise dans une petite structure de conseil et dans un groupe international du CAC40. J’ai donc appréhendé l’exercice du droit dans différents types et tailles de structures. De cette première vie, c’est le conseil en gouvernance d’entreprise qui m’a le plus apporté et comblée.

Jusqu’au jour où j’ai réalisé que mon quotidien était rythmé par mon impatience et mon attente des moments de non-travail : le matin, j’attendais le soir ; la semaine, j’attendais le weekend ; et toute l’année, j’attendais les prochaines vacances. Je n’avais plus aucun plaisir et je subissais ma vie professionnelle. J’ai refusé ce constat. J’avais choisi mes études, assez longues, pour le métier que je visais et j’avais toujours envisagé ma vie professionnelle comme devant être satisfaisante, épanouissante et même heureuse. Je ne pouvais pas concevoir de m’ennuyer à ce point, même en étant bien payée. J’ai donc quitté le cabinet dans lequel j’étais alors, et j’ai décidé d’arrêter le droit et de raccrocher la robe.

Je ne savais pas trop ce que j’allais faire mais je n’étais pas inquiète. J’ai repensé à une chasseuse de têtes rencontrée 1 an auparavant qui m’avait fait une forte impression. Je me suis souvenue que je m’étais dit en sortant de ce RDV qu’elle avait sûrement un métier sympa et agréable. J’ai rencontré pas mal de monde, j’ai beaucoup échangé avec des personnes qui avaient fait cette reconversion vers le recrutement, j’ai toqué à la porte de beaucoup de cabinets et l’un d’eux a cru en moi et m’a fait confiance. Et voilà, j’étais lancée dans la chasse de tête.

Je me suis spécialisée dans les fonctions juridiques et fiscales parce que je voulais garder un pied dans cet univers, je voulais avoir une véritable valeur ajoutée pour mes clients et candidats et je voulais que mon bagage serve. Et je me suis construite, en tant que chasseur de têtes, en opposition à ce que j’avais connu chez la majorité des chasseurs de têtes rencontrés au cours de ma vie de « candidate ». Mon leitmotiv quand j’ai démarré était de devenir le chasseur que j’aurais voulu rencontrer.

En quoi consiste votre métier ? Qui sont vos interlocuteurs aux quotidiens ?

Il y a plusieurs facettes au métier de chasseur de têtes, comme si on exerçait plusieurs activités en une, ce qui fait justement la richesse de ce métier !

Il y a tout un pan de mon activité centré sur le développement commercial : nous sommes prestataires de service, et comme en cabinet d’avocat, c’est « eat whatyou kill », je dois aller chercher des mandats de recrutement et convaincre mes prospects et clients de me faire confiance ou de continuer de le faire. Il faut donc identifier les interlocuteurs pertinents (pour moi, ce sont principalement lesDirecteurs Juridiques, Directeurs Généraux ou Associés en cabinet), les rencontrer, construire une relation de confiance sur la durée, et faire en sorte qu’au prochain recrutement décidé en interne, ils pensent à faire appel à moi. Je me positionne comme un conseil, mon offre de service consiste à accompagner mes clients pour les aider à recruter le meilleur candidat possible. Je ne me vois pas du tout comme un passe-plat, un pourvoyeur de CV, et c’est ce qui plaît à mes clients, c’est ma valeur ajoutée et ils sont souvent très demandeurs d’une telle démarche.

Il m’arrive aussi de conseiller mes clients pour réorganiser leurs équipes, structurer leur direction juridique, apporter ma vision et mon expertise sur l’opportunité de recruter tel ou tel profil. Ces conseils, qui sont rarement rémunérés, font tout l’intérêt d’une relation prestataire-client, et cela renouvelle l’intérêt d’un métier parfois décrié parce que mal fait. Le développement commercial passe donc d’abord, dans ma conception du métier de chasseur, par la construction et l’entretien d’une relation de confiance. Je peux ainsi dépasser le simple champ du recrutement, objet de la prestation, et proposer une expertise à 360 au service de la stratégie d’organisation et de développement de mon client.

L’autre pan de mon activité concerne évidemment le recrutement en lui-même qui mêle compréhension des besoins et des enjeux des clients, identification optimale des candidats cibles,« séduction » de ces candidats, tout l’enjeu consistant à donner envie aux candidats d’entendre ce qu’on a à leur proposer, puis les motiver à se positionner en tant que postulants.

Il s’agit pour moi d’évaluer non seulement leurs compétences techniques, leur bagage professionnel mais d’abord et surtout de déterminer s’ils ont les qualités humaines et interpersonnelles qui leur permettront de s’intégrer dans l’environnement de mon client et de travailler efficacement et de manière pérenne avec les équipes.

C’est un mix d’instinct, d’écoute, de curiosité, de psychologie et de bon sens, que l’on construit et perfectionne au fil du temps. Je pense que mes recrutements aujourd’hui sont de bien meilleure qualité que ceux de mes débuts. Comme si j’étais un scanner de personnalité, plus précis de jour en jour.

Le dernier pan du métier de chasseur concerne les candidats sans enjeux, non pas qu’ils ne sont pas importants mais ce sont tous ces candidats que je reçois très régulièrement, sans avoir d’opportunité à leur proposer. Dans ce cadre, j’ai un rôle de conseil qui confine au coaching parfois. J’écoute les parcours que l’on me raconte et je conseille sur les démarches à mettre en place pour changer d’entreprise, de cabinet. Il peut m’arriver aussi de conseiller les candidats pour améliorer une situation existante, dans leur relation à leur manager ou à leurs collègues. Je suis le parcours de certains candidats depuis le tout début de mon activité de chasseur et c’est un très grand privilège. Nous construisons ensemble de véritables relations de confiance, alors même que je ne les ai parfois jamais fait recruter. Quelques fois se créent aussi de vraies amitiés.

Tous les candidats sont entourés de personnes qui sont eux-mêmes candidats. Et les candidats d’aujourd’hui sont les clients de demain.

Le milieu de la chasse est un petit milieu, tout le monde se connaît. Quand on travaille bien, cela se sait, et inversement.

Plusieurs élèves avocats cherchent leur première collaboration – Comment préparer en amont son entretien pour se démarquer des autres candidats ?

Ma réponse va peut-être surprendre mais je pense qu’il ne faut pas trop préparer ses entretiens justement. La clef, selon moi, est de savoir rester soi-même. Se démarquer en jouant un rôle ne sert à rien, d’abord parce qu’on ne peut pas maintenir dans la durée une posture qui ne nous est pas naturelle, et ensuite parce que c’est prendre le risque de plaire à son interlocuteur, voire d’être recruté, pour de mauvaises raisons.

Les cabinets d’avocats sont un peu moins regardants que les entreprises sur la personnalité des candidats qu’ils recrutent, surtout en année. Ils veulent des candidats travailleurs, impliqués, qui ne compteront pas leurs heures et qui ne seront pas trop exigeants. Je force un peu le trait mais je ne suis pas loin de la réalité.

Le meilleur candidat est celui qui sait de quoi il parle, qui a un vrai intérêt pour la spécialité qu’il a choisie, qui a envie de s’investir, qui montre son envie d’apprendre et de progresser. C’est aussi celui qui pose des questions, qui s’intéresse à son interlocuteur, son parcours, son expérience, et qui s’est renseigné sur l’entreprise ou sur le cabinet qu’il convoite. On ne peut pas arriver en touriste à un entretien d’embauche, il faut savoir où on met les pieds et montrer qu’on a fait l’effort de se renseigner.

Un élément qui peut faire la différence c'est de rester humble et de reconnaître qu'en débutant dans la profession d'avocat, on a tout à apprendre de ses aînés.

Si en plus les candidats sont souriants, agréables et pourquoi pas drôles (!), il n’y a aucune raison que cela ne fonctionne pas.

Vous avez échangé avec plusieurs avocats depuis le début de votre carrière - Quelles sont selon vous les "erreurs" à éviter lors d'un premier entretien ? 

La plus grosse erreur à commettre en entretien, et c’est valable pour n’importe quel métier, c’est d’adopter une posture condescendante.

Les candidats qui pensent être meilleurs que tout le monde, qui refusent les conseils qu’on peut leur donner, qui se montrent hautains, prétentieux, sûrs d’eux, sont désagréables. On n’a ni envie de les écouter ni de les conseiller, et donc encore moins de les recruter.

Il faut se méfier aussi d’une certaine tendance qui consisterait à ne livrer que des informations relatives à sa pratique professionnelle. Le CV est déjà un bon indicateur du parcours, l’enjeu de l’entretien est de mieux connaître la personne que l’on rencontre. Il faut savoir baisser un peu sa garde et donner un peu de soi-même, en parlant de soi, avec sincérité et recul.

Le recrutement est très semblable à une rencontre amoureuse : c’est un exercice de séduction réciproque entre un candidat et un recruteur et l’entretien en est la quintessence.

Comment savoir si mon entretien s'est bien passé ?

L’entretien n’est pas une science exacte. Mais généralement, on sait si un entretien s’est bien passé ou pas. C’est une histoire de ressenti. Un petit mail de remerciement après l’entretien est toujours bien vu et démontre de son intérêt et de sa motivation.

Et si l’entretien s’est bien passé, on le sait rapidement. Parce qu’il débouche sur quelque chose : un nouvel entretien, ou une offre !

Pour finir, un dernier conseil à donner aux élèves-avocats qui cherchent leur première collaboration ? 

Mon conseil interviendra un peu avant dans le temps : dans le choix de son stage final. La majorité des premières collaborations sont le prolongement de stages finaux qui se sont bien passés.

Si ce n’est pas le cas, alors je recommande aux élèves-avocats de candidater absolument partout : il faut s’organiser, lister tous les cabinets intéressants, répondre aux offres de collaboration sur les différents canaux, envoyer des candidatures spontanées, ne pas hésiter à écrire directement aux associés. Il ne faut lésiner sur rien. Tous les cabinets ont besoin d’avocats junior. Ils sont donc tous susceptibles de recruter.

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